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Cousteau, Jacques-Yves (1910-1997)

Contents


Biographie

Jeunesse et débuts de carrière (1910-1942)

La maison natale de Jacques-Yves Cousteau, à Saint-André-de-Cubzac alt=Portrait noir et blanc de Philippe Tailliez

Daniel Cousteau, le père de Jacques-Yves, est avocat international et assistant d'un homme d'affaires américain ; sa mère est Elizabeth Cousteau. De 1920 à 1923, la famille le suit aux États-Unis où le jeune Jacques-Yves pratique la nage et l'apnée{{,}}{{,}}. À son retour en France, il découvre la mer dans les calanques près de Marseille où la famille vit désormais. À cette époque, la France compte déjà un explorateur marin et polaire célèbre, dont les aventures font rêver la jeunesse : Jean-Baptiste Charcot, qui navigue à bord de son fameux navire, le Pourquoi Pas ?.

En 1930, après avoir fait ses études préparatoires au Collège Stanislas de Paris, Jacques-Yves Cousteau entre à l'École navale de Brest et embarque sur la Jeanne d'Arc, navire-école de la Marine. Il devient officier canonnier en 1933. Il se destine à être pilote de l'Aéronautique navale mais un accident de la route en 1935 lui impose une convalescence forcée à Toulon qui prend fin en 1936 avec une affectation sur le cuirassé Condorcet. C'est à bord de ce bâtiment que Cousteau rencontre pour la première fois Philippe Tailliez, qui lui prête aussitôt des lunettes sous-marines Fernez, ancêtres des actuelles lunettes de natation. Il les utilise au Mourillon et est impressionné par la beauté de la vie sous-marine qui évolue sur le fond rocheux et dans les posidonies. Réalisant que le monde sous-marin représente plus des deux-tiers de la Terre, il décide de consacrer sa vie à l'exploration subaquatique.

Il épouse le {{date}} Simone Melchior, fille d'un cadre d'Air liquide, avec qui il a deux enfants : Jean-Michel en 1938 et Philippe en 1940. En 1938, Tailliez rencontre lors d'une chasse sous-marine un autre chasseur du nom de Frédéric Dumas, qu'il présente à Cousteau. Ainsi réunis les trois forment un trio d'amis consacré à la recherche subaquatique, trio que Tailliez baptise des années plus tard sous le nom affectueux de « Mousquemers ». Comme les mousquetaires d'Alexandre Dumas, les « Mousquemers » seront eux aussi quatre, avec Léon Vêche qui assurait leur logistique, comme le raconte Cousteau dans son livre Le Monde du Silence.

Ils prennent contact avec le capitaine Le Prieur, l'inventeur du scaphandre qui porte alors son nom, à plusieurs reprises en 1939 et 1942.

Cousteau appartient également au service de renseignements de la marine française et à ce titre, est envoyé en mission à Shanghai. En 1940, il est assigné au service de contre-espionnage, à Marseille, et son commandant lui donne toutes facilités pour continuer ses expériences de plongée lorsque son service le lui permet.

Faits de guerre (1939-1944)

Jacques-Yves Cousteau participa comme tous les marins français aux opérations Alliées de septembre 1939 à juin 1940, et notamment, en tant qu'officier canonnier, à l'Opération Vado contre l'Italie. Ayant des amis parmi ses homologues italiens, il rapporte avoir pleuré en service durant le bombardement de Gênes. Mis comme ses collègues en congé d'armistice après juin 1940, il ne cesse pas ses activités pour autant et en 1941, à la demande de son voisin Darlan monte une opération contre les services italiens de renseignement en France. Pour ses faits de guerre, Cousteau a reçu plusieurs décorations militaires dont la croix de guerre 1939-1945 {{citation}}.

Le début de la plongée sous-marine moderne (1942-1946)

alt=Vue de l'Archipel des Embiez depuis le Cap Sicié

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l'armistice de 1940, la famille de Simone et Jacques-Yves Cousteau (désormais en « congé d'armistice ») rencontre à Megève la famille Ichac. Cousteau et Marcel Ichac partagent la même volonté de faire découvrir au grand public des lieux inconnus et inaccessibles : pour le premier, c'est le monde sous-marin, pour le second, c'est la haute montagne. Les deux voisins décrocheront le premier prix ex æquo du Congrès du film documentaire de 1943, pour le premier film sous-marin français : Par dix-huit mètres de fond. Celui-ci a été tourné en apnée l'année précédente aux Embiez avec Philippe Tailliez et Frédéric Dumas, grâce au boîtier étanche de caméra sous-marine conçu par l'ingénieur mécanicien Léon Vèche, ingénieur des Arts et Métiers et de l'École navale. Marcel Ichac obtient, lui, le prix pour son film À l'assaut des aiguilles du Diable.

En 1943, Cousteau tourne Épaves, avec le soutien de l'entreprise marseillaise de renflouage Marcellin et toujours avec Tailliez et Dumas. Si Par dix-huit mètres de fond a été tourné en apnée en 1942, Épaves est le premier film sous-marin tourné à l'aide de scaphandres autonomes. Les deux prototypes utilisés dans le film sont ceux fournis par la société Air liquide ; ils sont mentionnés au générique sous l'intitulé « scaphandre autonome « Air liquide » système Cousteau ».

Le GRS et lÉlie Monnier (1945-1949)

alt=Photographie noir et blanc de l'aviso Élie-Monnier, avec le FNRS3 au premier plan

En 1945, Cousteau projette le film Épaves à l'amiral André Lemonnier. Celui-ci, chef d'état-major général, charge Tailliez, Cousteau et Dumas de mettre en place le Groupement de Recherches Sous-marines de la Marine nationale à Toulon (GRS), connu depuis 2009 sous le nom « CEllule Plongée Humaine et Intervention Sous la MER » (CEPHISMER).

En 1948, entre missions de déminage, d'exploration sous-marine et d'essais technologiques et physiologiques, Cousteau entreprend une première campagne en Méditerranée à bord de lÉlie-Monnier, aviso base du GRS avec Philippe Tailliez, Frédéric Dumas, Jean Alinat et le cinéaste Marcel Ichac. L'équipe explore aussi l'épave romaine de Mahdia en Tunisie. L'expédition est considérée par Tailliez comme la {{citation}}. Cousteau et Marcel Ichac rapportent de cette expédition le film Carnet de plongée, présenté lors du Festival de Cannes 1951.

{{refnec}}.

Cousteau, Tailliez, Dumas et lÉlie-Monnier participent ensuite au sauvetage du bathyscaphe du professeur Jacques Piccard, le FNRS II (qui venait d'être perdu en mer à la suite d'une immersion d'essai sans équipage), lors de l'expédition de 1949 à Dakar. À la suite de ce sauvetage, la Marine nationale veut réutiliser la sphère du bathyscaphe pour réaliser le FNRS III ce qui sera impossible, {{Citation}}.

Les aventures de cette période sont racontées dans les deux livres, Le Monde du silence de Jacques-Yves Cousteau, James Dugan et Frédéric Dumas (en 1953) et Plongées sans câble de Philippe Tailliez (en 1954).

En 1958, avec Tailliez, Alinat, Morandière, Dumas, Broussard, Lehoux, et Girault, il est diplômé d’honneur de plongée par la nouvelle FFESSM, ainsi nommée depuis 1955, après avoir été créée en 1948 par Jean Flavien Borelli (décédé en 1956) sous le nom de FSPNES.

La Calypso et les Campagnes océanographiques françaises (1949-1972)

{{Article détaillé}} alt=Photographie en couleur de La Calypso, vue d'ensemble hors de l'eau

En 1949, ayant atteint le grade de capitaine de corvette, Cousteau quitte la Marine pour fonder les Campagnes océanographiques françaises (Cof) en 1950. Depuis 1950, année où Abenteuer im Roten Meer (« Aventures en Mer Rouge » de Hans Hass) a été primé à la Biennale de Venise, Cousteau a un projet de film sous-marin en couleurs, mais il lui faut des moyens et, pour cela, il doit convaincre des mécènes : 19 juillet 1950, à Nice, le millionnaire Loël Guiness lui achète un bateau, la Calypso{{,}}, avec lequel il peut parcourir le globe. Il effectue d'abord des fouilles archéologiques sous-marines en Méditerranée, en particulier sur le site du Grand-Congloué en 1952. Son équipage est composé de grands noms de la plongée française : Frédéric Dumas, Albert Falco, Claude Wesly, Jacques Ertaud.

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