En raison de la canicule :
Mardi 23 juin : Fermeture exceptionnelle de la médiathèque de Vallet. La bibliothèque de La Chapelle-Heulin reste ouverte.
Mercredi 24 et jeudi 25 juin : Les bibliothèques de Vallet et du Pallet seront fermées l'après-midi.
Le matin : L'ensemble des bibliothèques du réseau restent ouvertes.
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Erik Bergman, père d'Ingmar Bergman
Ingmar Bergman naît en 1918. Il est le fils cadet d'une famille de trois enfants : un frère aîné, Dag, et une sœur plus jeune, Margareta, qui vient au monde quatre ans plus tard. Le jeune Ingmar Bergman vit une enfance tourmentée ; ses relations avec sa mère et son frère sont contrariées par les manipulations et les chantages affectifs. Le père est un pasteur luthérien ambitieux. Le presbytère où vit la famille est ouvert à tous les paroissiens et se doit d'être modèle. Sans doute cédant à cette pression sociale, le père soumet sa famille à une discipline extrêmement rigide. Les enfants sont élevés dans la traque obsessionnelle du péché et du repentir. Les punitions corporelles sont courantes et ritualisées{{,}}. Le traumatisme de cette éducation rigide affleure dans certaines de ses œuvres{{,}}.
Il passe le meilleur de son enfance chez sa grand-mère à Uppsala qui l'emmène au cinéma, Ingmar Bergman se découvre une passion précoce pour cet art. Lors d'un Noël, une riche parente offre aux enfants un appareil de projection. La bobine se tourne à la main et permet de voir un petit film en boucle. Ce cinématographe agit comme la madeleine de Proust pour le futur réalisateur – il baptisera plus tard sa société de production Cinematograph. Lorsqu'il a 12 ans, son père obtient qu'il puisse visiter les studios cinématographiques suédois de Rasunda, en banlieue de Stockholm. C'est, pour lui, comme « entrer au paradis ».
Quant au théâtre, dans lequel il fait aussi carrière, il s'y rend régulièrement depuis tout jeune. Ingmar Bergman a l’occasion de l’observer en coulisse grâce à un musicien qui joue derrière la scène pour une mise en scène du Songe d’August Strindberg, un de ses auteurs préférés, et qu’il mettra lui-même en scène à plusieurs reprises. Ses lectures s'ouvrent aussi à Dostoïevski, Balzac, Flaubert, Nietzsche…
Dans le cadre d’un programme d’échange, il part en Allemagne, dans la région de Thuringe, en 1934. Le pays est dirigé par le national-socialisme, sa famille d’accueil l'emmène voir une prestation d'Adolf Hitler dans un stade de Weimar. Le jeune homme est fasciné par le discours du Führer. À son retour en Suède, son milieu essentiellement germanophile s'est imprégné de l’idéologie nazie, son frère faisant partie des fondateurs et des membres actifs du parti national-socialiste suédois. Le traumatisme de la découverte des camps de concentration le conduira par la suite à prendre ses distances avec la politique. Ingmar Bergman évitera dans son œuvre les messages politiques.
Le jeune Ingmar Bergman.
Ingmar Bergman s'inscrit en 1937 en Histoire et Littérature à l'université de Stockholm, il y suit les cours de Martin Lamm, un professeur réputé, spécialiste de Strindberg et d’Emanuel Swedenborg. Ses études, cependant, sont contrariées par un emploi du temps chargé, presqu'entièrement consacré au théâtre. Il participe en effet bien vite au programme théâtral d’une maison des jeunes, le Mäster Olofsgården, où il met en scène des pièces de Strindberg, de Shakespeare, de Suttone Vane et de Doris Rönnqvist. On lui offre épisodiquement la possibilité de travailler avec des professionnels au sein du Studio dramatique. Un temps acteur, il finit par définitivement se tourner vers la mise en scène. Il assure aussi la direction de plusieurs pièces données au théâtre des étudiants dont Le Pélican de Strindberg. Il noue à cette occasion une relation amoureuse avec une jeune actrice érudite. Cette liaison parvient à la connaissance de ses parents, qui réprouvent la vie tumultueuse de leur fils. À la suite d’une explication violente, Ingmar Bergman quitte définitivement le foyer familial et s’installe avec sa maîtresse. Cette relation tourne court lorsque Ingmar Bergman se voit proposer une tournée en province qui le conduit par la même occasion à précipiter la fin de ses études.
Au printemps 1939, dans la nécessité de trouver un emploi, il tente sans succès de se faire embaucher au Théâtre dramatique royal de Stockholm, et doit se contenter d'un poste d’assistant à la mise en scène pour l’Opéra royal, où il est occasionnellement souffleur. Il y fait ses armes, notamment aux côtés de Ragnar Hyltén-Cavallius, à la fois cinéaste et metteur en scène reconnu. La Seconde Guerre mondiale éclate quand Ingmar Bergman doit accomplir son service national, mais il est aussitôt démobilisé à cause d'un ulcère. En repos chez sa grand-mère en Dalécarlie, il écrit une douzaine de pièces de théâtre et un opéra. Il met en scène l’une d’elles, La Mort de Polichinelle, largement inspirée de pièces de Strindberg. À la fin de la représentation, il est approché par Carl Anders Dymling, directeur de la Svensk Filmindustri, et Stina Bergman, directrice du service des scénarios, qui lui proposent un emploi pour écrire et revoir les scénarios produits par la société.
Intégré dans une équipe de six scénaristes, il est parfois envoyé sur des tournages pour corriger des dialogues. Les méthodes d’écriture sont empruntées aux méthodes américaines alors en vogue, Ingmar Bergman leur préfère pourtant celles des films français de l’époque, de Jean Renoir, de Marcel Carné, ou de Julien Duvivier. Il fait la connaissance de Gustaf Molander à qui il fait lire un scénario inspiré de ses années d’études. Celui-ci en recommande l'adaptation à la production qui en confie la réalisation à Alf Sjöberg. Ingmar Bergman insiste pour assister au tournage et obtient un poste de script-boy. Impatient et ambitieux, il tente à plusieurs reprises de s’immiscer dans le travail du réalisateur. En vain. Le jeune scénariste est remis à sa place. Tourments (Hets) sort en 1944. Le film est suffisamment remarqué pour faire partie de la sélection de la Mostra de Venise.
Ingmar Bergman sur le tournage de Crise, son premier film. Dans le même temps, la commune de Helsingborg cherche à sauver son théâtre municipal et propose sa direction à Ingmar Bergman. Le théâtre est en piteux état, mais il accepte. Il est alors marié à une jeune danseuse et chorégraphe, Else Fischer, qui a accouché d’une enfant à la fin de l’année 1943. Le bébé et sa mère sont atteints de la tuberculose et Ingmar Bergman enchaîne mises en scène et scénarios pour faire face aux frais d’hospitalisation. En 1945, la Svensk Filmindustri lui commande l’adaptation et la réalisation d’une pièce de théâtre. Ingmar Bergman est enthousiaste, mais il pèche par orgueil et son manque d'expérience est encore trop grand. Le tournage a lieu en été dans des conditions catastrophiques. Il se brouille avec le chef opérateur, davantage porté sur le documentaire, et peine à maîtriser ses troupes. Le mauvais temps gâche les extérieurs, le laboratoire gâche les pellicules, et la production du film souffre d’un accident du travail lors d’une prise en studio. Tout au long de cette épreuve, Bergman reçoit les conseils du cinéaste Victor Sjöström et ceux de son monteur expérimenté, Oscar Rosander, qui l’aide à remettre le film sur pied – il collaborera par la suite à tous les films d’Ingmar Bergman jusqu’au Visage. Crise (Kris), premier film réalisé par Ingmar Bergman, sort en 1946.
Ingmar Bergman poursuit son travail au théâtre municipal de Helsingborg et continue à écrire des scénarios pour la Svensk Filmindustri. Il monte l’une de ses pièces, Rachel et l’ouvreuse de cinéma, adaptée plus tard pour L'Attente des femmes. Sa femme, qui devait initialement occuper un poste de chorégraphe au sein du théâtre, doit être remplacée en raison de sa maladie. Elle lui recommande une amie : Ellen Lundström avec laquelle il noue une liaison qui conduit les époux à divorcer. À l’automne 1946, le jeune couple déménage pour Göteborg où Ingmar Bergman obtient un poste de metteur en scène au théâtre municipal dont le directeur Torsten Hammarén devient son mentor et lui enseigne des techniques de mise en scène pour une pièce d’Albert Camus, Caligula, avec le comédien Anders Ek.
Après l’échec de Crise, la Svensk Filmindustri hésite à renouveler l’expérience de la réalisation avec Ingmar Bergman. C’est donc avec le producteur Lorens Marmstedt, qu’il dirige ses trois prochains films : Il pleut sur notre amour (Det reg