En raison de la canicule :
Mardi 23 juin : Fermeture exceptionnelle de la médiathèque de Vallet. La bibliothèque de La Chapelle-Heulin reste ouverte.
Mercredi 24 et jeudi 25 juin : Les bibliothèques de Vallet et du Pallet seront fermées l'après-midi.
Le matin : L'ensemble des bibliothèques du réseau restent ouvertes.
Non concernées : Aucun changement d'horaire pour Mouzillon, La Regrippière, La Remaudière et La Chapelle-Heulin.
La biographie d'Héloïse, basée, comme celle d'Abélard, sans recoupements sur une hypothèse de cohérence entre de rares manuscrits parfois disparus, reste, hormis les points essentiels établis par Abélard lui-même, sujette à révision.
Anarchie]], le début de la répression contre le catharisme puis la catastrophique deuxième croisade, c'est la période au cours de laquelle sont découverts les textes de la Logica nova.
Saint-Denis]], fonds Royal, cote 16 G VI, f. 271, British Library, Londres.,, exemple royal donné jusqu'aux dix ans d'Héloïse d'une éthique amoureuse que la réforme grégorienne abolira. Héloïse est la fille illégitime d'un noble occupant une position sociale des plus élevées, allié des Montmorency. Il n'est pas improbable que son père soit le sénéchal de France Gilbert de Garlande dit Païen, frère d'Étienne de Garlande, lequel a été dénoncé comme un « libertin » avant l'heure par son détracteur Yves de Chartres, ou bien un certain Jean, fils d'un membre de la suite de la Dame de Montlhéry, Hodierne de Gometz, devenu prêtre avant 1096 et fait chanoine de Saint-Germain-l'Auxerrois. L'enfant grandit parmi d'autres demoiselles auprès des bénédictines d'Argenteuil, qui lui enseignent à partir de ses sept ans la lecture puis la grammaire.
Sa mère, prénommée Hersende, est peut-être celle qui a fondé entre 1101 et 1115 Fontevrault, orpheline élevée par ses frères issus d'une puissante famille angevine et devenue par son second mariage {{Lien}}{{,}}, veuve dès 1086 entrée dans les ordres avant 1096, ou une moniale du même nom, mais qui est peut-être la même personne, chassée en 1107 du couvent de Saint-Éloi, après que l'évêque Galon et l'archidiacre Guillaume de Champeaux, champions de la réforme grégorienne, l'ont dénoncé comme une « caverne de fornication ».
Cette mère confie la suite de l'éducation de l'adolescente à l'un de ses deux frères, Fulbert. Celui ci, depuis au moins 1102, exerce au sein de l'Hôpital des Pauvres, une charge de sous-diacre « extra muros » c'est-à-dire à l'extérieur du Cloître. C'est une charge probablement obtenue grâce à deux alliés de la famille, le feu suffragant Guillaume de Montfort, et la demi sœur de celui-ci, la reine illégitime Bertrade, retirée depuis 1104 à Fontevrault.
Héloïse poursuit ainsi sa jeunesse vraisemblablement au presbytère de la chapelle Saint-Christophe, qui appartient aux Montfort. Sa condition d'aristocrate sans biens propres, sans héritage, la destine au mariage, un mariage sans dot, donc à un veuf ou un noble que la famille aurait des raisons de vouloir marier à tout prix. Elle n'aura de cesse de travailler à échapper à cette condition.
Cet oncle d'Héloïse, qui a pu être un secours au moment où sa sœur mettait au monde sa nièce, introduit celle-ci au trivium et la pousse dans le cursus des arts libéraux au moment où le corps le plus conservateur de l'enseignement se retire du monde pour fonder autour de Guillaume de Champeaux l'abbaye savante Saint Victor. Resté bien en cour après l'avènement de Louis le Gros, qui succède à son père le roi Philippe en 1108, Fulbert est un homme avide de charges et des revenus attenants. Il a fréquenté Baudri de Bourgueil, qui est un lettré versé dans la poésie latine, initiateur avec Marbode de la Renaissance angevine et précurseur de l'humanisme. C'est chez Baudri, inventeur de ce genre littéraire inspiré par les Héroïdes d'Ovide, qu'Héloïse trouvera l'idée de correspondance amoureuse.
{{article connexe}} Cloître]] de Paris ne s'appelait pas encore Notre Dame. En tant que chanoine membre du chapitre cathédral de Saint Étienne, le tuteur d'Héloïse prend en pension, sous le même toit que sa filleule, l'écolâtre de l'école cathédrale du Cloître de Paris, Abélard, qu'il soutient depuis de nombreuses années dans sa démarche moderniste. Abélard, qui a quitté son poste de Corbeil en 1107 pour prendre une année sabbatique au Pallet et enseigne depuis 1110 à Sainte Geneviève du Mont où, depuis Melun, l'a appelé Etienne de Garlande quand celui-ci en a été nommé doyen, est promu à ce poste dans l'île de la Cité une seconde fois en 1113, après en avoir été évincé en 1109 par son ancien maître et désormais ennemi Guillaume de Champeaux. Cette nomination rehausse le prestige de l'école parisienne face à celle des disciples d'Anselme de Laon, Albéric de Reims et Lotulphe de Lombardie, les rivaux d'Abélard dans la querelle des universaux.
Si la beauté solaire de la jeune femme n'est pas exceptionnelle sans être des moindres, ne serait ce que par sa haute stature{{,}}, son rang, son engagement dans des études, chose inouïe pour une femme, plus encore son audace de les consacrer à un domaine non religieux lui valent d'être une des personnalités les plus en vue de Paris. Son intelligence et ses connaissances en latin, grec et hébreu, spécialement celle des auteurs antiques, encore ignorés de l'enseignement officiel, étonnent. Ses chansons reprises par les goliards en font la figure féminine d'une jeunesse étudiante qui s'émancipe, à l'instar d'Abélard lui-même, de sa condition familiale et féodale et obtiendra à force de grèves quatre-vingt-six ans plus tard le statut de clerc, le for ecclésiastique à l'origine de l'Université.
Abélard, célibataire célèbre pour sa beauté et reconnu par ses pairs comme le plus éminent des enseignants de la dialectique, cherche à devenir son professeur particulier dans le but calculé de la séduire. Parvenu à trente-quatre ans au sommet de sa gloire, il est le fils aîné d'un chevalier poitevin qui s'attacha à la cour du comte Matthias et du duc souverain de Bretagne Alain Fergent et qui devint baillistre de la seigneurie du Pallet en en épousant l'héritière. Adulé par la foule qui s'amasse sur son passage et adoré comme leur chevalier par les femmes quand elles se retrouvent entre elles, enrichi par les honoraires que lui versent les familles aristocratiques de ses étudiants (quelques dizaines par an) et ruiné pour plusieurs femmes, il se décrit comme un séducteur sûr de son charme mais accablé par le travail, les voyages à cheval et les querelles de pouvoir, que le surmenage a déjà conduit onze ans plus tôt à une dépression nerveuse (« afflictione correptus infirmitate coactus ») et qui va connaître une aventure enchanteresse évoquée par lui-même à maintes reprises comme une expérience sentimentale déstabilisante.
Les Amours d'Héloïse et d'Abélard par Jean Vignaud (1819). Tel un trouvère de la cour du duc Guillaume IX d'Aquitaine qui semble avoir tant influencé son père, il commence par faire de sa fredaine des chansons en latin, manière de délassement devenue son