Aller au contenu principal

En raison de la canicule :

Mardi 23 juin : Fermeture exceptionnelle de la médiathèque de Vallet. La bibliothèque de La Chapelle-Heulin reste ouverte.

Mercredi 24 et jeudi 25 juin : Les bibliothèques de Vallet et du Pallet seront fermées l'après-midi.

Le matin : L'ensemble des bibliothèques du réseau restent ouvertes.

Non concernées : Aucun changement d'horaire pour Mouzillon, La Regrippière, La Remaudière et La Chapelle-Heulin.

Hessel, Stéphane (1917-2013)

Contents


Biographie

Enfance et formation

Stéphane Hessel naît à Berlin durant la Première Guerre mondiale. Son père, l'essayiste et traducteur allemand Franz Hessel, est le troisième fils d'Heinrich Hessel, Polonais protestant d'origine juive, ayant fait fortune dans le commerce des grains. La famille est installée à Berlin depuis 1889 et est parfaitement assimilée. Franz est baptisé dans la religion luthérienne. Sa mère, Helen Grund, est la fille cadette d'un banquier d'origine silésienne, dont la famille a eu du mal à accepter l'origine juive de Franz. Helen est l'héroïne anticonformiste de Jules et Jim, le roman autobiographique d'Henri-Pierre Roché racontant l'histoire du trio amoureux formé par Henri-Pierre (« Jim »), Helen (« Kathe ») et Franz (« Jules »). Cette histoire a été popularisée par le film de François Truffaut, où le rôle féminin (« Catherine ») est interprété par l'actrice Jeanne Moreau. Dans l’œuvre, en grande partie inédite, de Roché, Stéphane Hessel est figuré par le personnage de Kadi. Stéphane Hessel voit son père comme un homme merveilleusement bon, sage, érudit mais avec qui il gardera peu de contacts. Il se sent plus proche de sa mère dont il admire l'irrespect et l'ingéniosité. Il la voit comme un être brillant, exigeant et volontaire.

Stéphane Hessel passe son enfance dans la maison familiale à Berlin à {{unité}} du Tiergarten après un séjour à Hohenschäftlarn/ Schäftlarn, près de Munich. Cependant, avec l'inflation, le pouvoir d'achat de la famille diminue, les parents sont contraints de louer des pièces de la maison familiale. Franz Hessel travaille pour l'éditeur Ernst Rowohlt et Helen contribue aux finances de la famille. En 1925, désireuse de s'installer à Paris pour rejoindre Henri-Pierre Roché, elle obtient un travail de correspondante de mode pour le journal Frankfurter Zeitung grâce à Joseph Roth et la famille s'installe près de Paris à Fontenay-aux-Roses. Après un an passé à l'école communale de Fontenay-aux-Roses, Stéphane entre en {{6e}} à l'École alsacienne où il effectuera toute sa scolarité jusqu'au baccalauréat.

La famille emménage, durant l'été de 1927 à Paris même, rue Ernest-Cresson. Durant les années qui suivent, Stéphane a la chance de rencontrer Marcel Duchamp, Man Ray, Le Corbusier, Philippe Soupault, Jules Pascin, Calder, Picasso, Max Ernst et André Breton. Son père Franz partage son temps entre Paris et Berlin jusqu'en 1930 date à laquelle il s'installe de manière durable dans la capitale allemande. Il est rejoint un an plus tard par son fils aîné Ulrich Hessel tandis que Stéphane reste à Paris avec sa mère.

En juin 1933, Stéphane est reçu au baccalauréat de philosophie et en automne de la même année s'installe chez son oncle à Londres pour suivre les cours de la London School of Economics puis il revient à Paris étudier à l’École libre des sciences politiques. En 1935, il est inscrit en hypokhâgne à Louis-Le-Grand et, en 1937, il est reçu à l'École normale supérieure en tant qu'étranger. La même année, il obtient la nationalité française, ce qui le met dans une situation peu ordinaire : ne pouvant plus entrer à l'École normale puisque n'étant plus étranger, il doit se résoudre à repasser le concours. Ce qu'il fera avec succès en 1939, après une licence de philosophie. Au terme d'une « éducation sentimentale » auprès de Jeanne Nys, belle-sœur d'Aldous Huxley de dix-sept ans son aînée, il épouse, au retour d'un voyage commun en Grèce durant l'été de 1939, Vitia, une jeune juive russe, interprète de conférences et fille de Boris Mirkine-Guetzevitch, célèbre professeur de droit constitutionnel en France. Le mariage contrarie sa mère et les relations avec celle-ci s'en ressentiront durablement. Trois enfants naîtront après guerre de cette union, Anne, Antoine et Michel.

Années de guerre

À l'automne de 1939, Stéphane Hessel est mobilisé et part faire ses classes à Saint-Maixent comme trois promotions de normaliens et, en mars 1940, il est affecté dans la Sarre. Envoyé au front, il assiste, sans avoir l'occasion de combattre, à la débâcle et, après une longue errance avec son unité, il dépose les armes à Saint-Dié et se retrouve dans le camp de prisonniers militaires de Bourbonne-les-Bains d'où il s'évade en compagnie du capitaine Segonne qui lui parle de l'appel du général de Gaulle. Il rejoint Vitia à Toulouse puis se rend à Marseille via Montpellier et Aziz. C'est là qu'il rencontre Varian Fry, qui est mandaté par Eleanor Roosevelt pour organiser, via le consulat des États-Unis, l'évasion de deux cents (qui seront finalement plus de deux mille) intellectuels en danger.

Plaque commémorative pour les exilés allemands et autrichiens de Sanary.

Franz Hessel, fuyant les persécutions nazies et revenu en France peu avant la Nuit de Cristal, est interné une première fois en septembre 1939 au camp de Colombes en tant qu'Allemand. Libéré grâce à l'intervention de Gabrièle Picabia, il est à nouveau interné en mai 1940 avec son fils Ulrich au camp des Milles d'où il est libéré grâce aux démarches de sa femme. La famille se retrouve pour Noël à Sanary-sur-Mer, village de la Côte d’Azur où sont réfugiés des intellectuels et artistes allemands depuis 1933. Mais, usé par les épreuves, Franz s'y éteint le {{date}} et Stéphane assiste à son enterrement, avec sa mère et son frère, en compagnie d'amis intellectuels et artistes exilés, comme les peintres Erich Klossowski et Anton Räderscheidt, ou encore les écrivains Hans Siemsen et Alfred Kantorowicz.

Stéphane Hessel rejoint alors Londres en passant par Oran, puis Lisbonne où il retrouve Vitia sur le départ pour les États-Unis. À Londres, il rencontre Christian Fouchet, qu'il a connu à l'École alsacienne et qui le convainc d'entrer dans l'aviation. En juin 1941, il est élève navigateur et en mars 1942, il obtient son brevet. Cependant une rencontre avec Tony Mella le conduit à préférer un poste au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), comme agent de liaison avec l'état-major britannique, dans la section R. En novembre 1942, sa femme Vitia quitte les États-Unis pour le rejoindre.

En mars 1944, il est déposé à Saint-Amand-Montrond dans le cadre de la mission Gréco pour organiser la dispersion des émetteurs de la résistance. Dénoncé sous la torture par un compagnon de lutte, il est arrêté à Paris le 10 juillet et, sous le supplice de la baignoire, il parle à son tour. Le 8 août, il est déporté, en même temps que trente-six autres agents secrets britanniques, français et belges, en train, à Buchenwald, où ils sont détenus au bloc 17. Seize d'entre eux sont pendus le 11 septembre, onze autres sont exécutés le 5 octobre. Grâce à l'idée de l'agent secret du SOE, Forest Yeo-Thomas, deux prisonniers, l'opposant allemand Eugen Kogon, et le résistant Alfred Balachowsky, qui avaient été affectés aux expériences médicales (essais cliniques de médicaments contre le typhus avec injections de l'agent pathogène), obtiennent la complicité du kapo Arthur Dietzsch et du médecin du camp pour opérer des substitutions entre des agents secrets condamnés à mort et des prisonniers morts du typhus. Trois prisonniers sont ainsi sauvés : Forest Yeo-Thomas lui-même et il choisit Harry Peulevé et Stéphane Hessel. Stéphane Hessel prend alors l'identité de Michel Boitel, mort du typhus le 20 octobre 1944. Il est transféré à Rottleberode dans le Harz comme comptable dans l'usine de trains d'atterrissage. En janvier 1945, après une tentative d'évasion ratée, il est transféré à Dora où il échappe de peu à la pendaison et où il est affecté au nettoyage du camp. L'avancée des armées américaines provoque, le 4 avril, le transfert du camp vers Bergen-Belsen. Dans le train en marche, il démonte deux lattes du plancher, glisse entre les bogies, rejoint les lignes américaines à Hanovre. C'est de son régiment américain qu'il est renvoyé à Paris, où il arrive le 8 mai 1945

Selon l'historien Sébastien Albertelli, Stéphane Hessel sera par la suite l'une des deux personnes à trier les archives du BCRA avant leur ouverture partielle.

Carrière diplomatique

En octobre 1945, il se présente au concours du quai d’Orsay, concours ouvert aux anciens combattants, résistants ou déportés. Reçu quatrième, il entame une carrière dans la diplomatie, qui durera près de quarante ans.

Pour sa première affectation, il choisit un poste de diplomate en Chine mais un séjour préalable aux États-Unis chez les parents de sa femme le fait changer d'avis. C'est auprès d'Henri Laugier, secrétaire général adjoint dans la toute nouvelle ONU, qu'il demande à travailler. En 1946, il est donc secrétaire dans la troisième commission de l'assemblée générale chargée de préparer la

LivreDisponible
Veuillez vous connecter pour réserver
LivreNon disponible
Veuillez vous connecter pour réserver
LivreNon disponible
Veuillez vous connecter pour réserver